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French HipHop Timeline

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Breakdance
Danse

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Mis à jour le 06/10/2024

Gabin Nuissier

Nuissier Gabin
  • Nom: Nuissier
  • Prénom: Gabin



Né en Martinique, le remuant Gabin débarque à 8 ans avec sa famille à Dugny et se passionne dès l’adolescence pour le breaking.

« Le mouvement permettait à des jeunes algériens, marocains, portugais... déracinés comme moi de se rencontrer et partager une culture commune » se remémore-t-il. L’adolescent rejoint les premiers crews (groupes) de Seine-Saint-Denis et se lie d’amitié avec le dugnysien Bouda, l’albertivillarien Latdior, Xavier Plutus et Pascal Blaise Ondzie originaires du Bourget et d’Aulnay-sous-Bois...
Les danseurs autodidactes se défient dans la boîte de nuit du Bataclan et répètent des figures acrobatiques au centre Paco-Rabanne dans une ambiance d’effervescence underground.

« L’énergie un peu folle et la convivialité de ces lieux a été un déclencheur pour moi, je me suis dit, c’est ça que je veux faire ! ».


Gabin fonde en 1984 avec ses amis le crew Aktuel force qui sera bientôt rejoint par les célèbres Kool Shen et Joey Starr déjà croisés lors du festival Fêtes et forts organisé dans une casse automobile du Fort d’Aubervilliers. Le charismatique B-Boy devient professeur de danse actuelle à la MJC de Saint-Denis et forme des grands noms du mouvement : le rappeur Stomy Bugsy, le hip-hopeur Sylvain et bien d’autres...


« J’ai toujours essayé de développer la créativité de mes élèves et travailler sur le dialogue entre le corps et l’esprit dans l’espace pour traduire une certaine forme d’intériorité » confie-t-il.


Gabin fait entrer le break sur les scènes de théâtre


Le groupe Aktuel force, qui remporte la plupart des compétitions de break en France et en Europe tape dans l’oeil d’un manager qui les envoie danser avec des percussionnistes antillais sur une scène de la place Saint-Marc à Venise. Le dionysien, remué par la popularité du break, invente des spectacles chorégraphiques et sera un des premiers scénaristes à faire passer la danse hip-hop de la rue aux scènes de théâtre.


En 1994, la compagnie présente « Sobedo, un conte hip-hop » au Casino de Paris puis se produit dans le monde entier avec des créations à succès : Evolution, Pyramide, Babel, Le temps qui danse...

« J’ai voulu rendre hommage à ma culture caribéenne et revisiter l’histoire de l’esclavage avec le solo Soleil noir en explorant par la danse la complexité identitaire » ajoute-il. 

Le groupe évoluant sans cesse au grès des parcours de chacun, le chorégraphe virtuose a formé une génération de breakers souvent issu∙e∙s de Seine-Saint-Denis : Karima Khélifi, Karim Barouche, Rodrigue Luissent... et travaillé entre autres avec Blanca Li et Marie-Claude Pietragalla au Centre national de la danse situé à Pantin.

« Le breaker ne peut pas se limiter au côté virtuose ou sportif. Il raconte une histoire et doit surtout apporter de l’imprévisibilité et de l’émotion » se plaît-il à répéter lors des nombreuses master-class menées en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon. Les danseurs des compagnies hip-hop d’aujourd’hui, pour la plupart passés par ses ateliers, ont bien retenu le message et s’attachent désormais à la dimension poétique des chorégraphies interprétées.


Celui que beaucoup appellent le parrain du hip-hop français s’est beaucoup investi en Seine-Saint-Denis, « son territoire de coeur » où il a multiplié les rencontres lors de battles ou de festivals. À 55 ans, il continue de former les amateur·rice·s de breakdance et relate son riche itinéraire artistique dans le livre La voie du rythme


Sources

Photos/Images

Gabin Nuissier
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